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Réduire la gêne sonore dans un bureau ouvert

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Îlots acoustiques suspendus au plafond d'un espace de bureaux ouvert

Le bruit d'un open space gêne sans abîmer l'audition : selon l'INRS, environ un salarié sur deux s'y dit gêné ou très gêné, et les conversations intelligibles du voisinage en sont la première cause. Le remède associe un plafond absorbant, un zonage du plateau et des règles partagées.

Pourquoi le bruit d'un open space fatigue sans menacer l'audition

Le bruit en open space relève du confort et de la charge mentale, pas de la surdité. L'INRS indique que l'exposition sonore journalière en bureaux ouverts se situe nettement en dessous des niveaux qui créent des lésions auditives. Les seuils du Code du travail (article R4431-2) le confirment : la prévention s'enclenche à 80 dB(A), puis à 85 dB(A), avec une valeur limite de 87 dB(A) sur huit heures, des niveaux propres aux ateliers et non aux bureaux.

Ce bruit non lésionnel n'est pas anodin pour autant. Il perturbe les tâches de concentration, oblige à relire, à reprendre le fil d'une pensée, et laisse une fatigue en fin de journée. L'enquête de l'INRS sur la gêne en bureaux ouverts montre qu'environ un salarié sur deux se dit gêné ou très gêné, quel que soit le type d'espace.

Les sources de gêne sonore les plus citées dans les bureaux ouverts

La gêne sonore d'un plateau ouvert vient d'abord de la parole des autres. Une conversation que l'on comprend accapare l'attention bien plus qu'un bruit continu de même niveau : c'est l'intelligibilité, et non le volume, qui distrait.

  • Les appels téléphoniques et les visioconférences passés depuis le poste.
  • Les échanges entre collègues et les réunions improvisées autour d'un bureau.
  • Les imprimantes et photocopieurs, que l'INRS conseille de placer hors des bureaux ou de capoter.
  • Les équipements de ventilation : l'INRS retient 40 dB(A) au maximum à 1 m.
  • Les circulations et les espaces de pause trop proches des postes.

La taille des équipes joue aussi. L'INRS recommande des open spaces de moins de dix personnes et des ensembles de quatre postes de préférence, six au maximum, complétés par des espaces de concentration. Un grand plateau sans subdivision additionne les sources sans les éloigner.

Temps de réverbération et autres repères de la norme NF ISO 22955

Le temps de réverbération mesure la durée pendant laquelle un son persiste dans une pièce après l'arrêt de sa source. Plus il est long, plus les voix se mélangent et portent loin. La norme NF ISO 22955 de 2021, qui a remplacé la norme française NF S31-199, retient 0,5 seconde pour toutes les activités d'open space ; selon l'INRS, cette valeur correspond à un bureau doté de suffisamment de matériaux absorbants.

La norme classe les plateaux selon l'activité : communication avec l'extérieur, travail collaboratif, travail faiblement collaboratif, accueil du public, multiactivité. Elle donne des valeurs cibles de bruit ambiant de 48 dB(A) pour le travail faiblement collaboratif à 55 dB(A) au maximum pour les espaces les plus bruyants.

Elle s'intéresse aussi à la propagation de la parole. Pour un espace collaboratif, elle vise un niveau de parole à 4 m inférieur à 48 dB(A) et une décroissance de plus de 8 dB(A) à chaque doublement de distance. Ces indicateurs se mesurent selon la norme NF EN ISO 3382-3. Toutes ces valeurs sont des cibles indicatives, d'application volontaire. La norme NF S31-080, révisée en octobre 2025, fixe par ailleurs des niveaux de performance par type d'espace de bureau.

Traiter le plafond, les murs et le sol d'un plateau bruyant

Dans un plateau ouvert, la surface la plus efficace à traiter est le plafond. L'INRS juge un plafond acoustique de classe A indispensable en open space, ce qui correspond à un coefficient d'absorption αw d'au moins 0,90, proche de l'absorption maximale. La pose se fait sur ossature avec un vide d'environ 200 mm au-dessus. Sans faux plafond, des panneaux suspendus de classe A au-dessus des postes jouent le même rôle.

Les murs viennent ensuite, surtout les grandes surfaces vitrées ou lisses qui renvoient les voix. Les panneaux et cloisons acoustiques s'y posent à hauteur de tête. Côté sol, l'INRS conseille un revêtement absorbant, avec un coefficient d'au moins 0,4.

Entre deux postes voisins, une cloisonnette qui dépasse le plan de travail de 65 cm, soit environ 1,40 m depuis le sol, associée à un plafond de classe A, permet d'atteindre 6 dB(A) d'atténuation. L'INRS considère ce chiffre comme le minimum pour ne pas être dérangé par les conversations du voisin en travail faiblement collaboratif. Sans plafond absorbant, la cloisonnette seule n'y parvient pas.

Zoner le plateau pour éloigner les activités bruyantes des postes calmes

Le zonage acoustique consiste à regrouper les activités selon le bruit qu'elles produisent et le calme qu'elles demandent. Les équipes qui téléphonent beaucoup ne partagent pas la même zone que celles qui rédigent ou analysent. Les espaces de détente, la machine à café et les imprimantes s'installent à distance des postes de concentration.

Les écarts visés sont importants : entre une salle de pause et une zone de travail très concentré, l'INRS cite une atténuation d'au moins 32 dB(A), que seule une vraie séparation assure. L'aménagement de la salle de pause en entreprise gagne à intégrer cette contrainte dès le plan.

L'INRS recommande enfin de prévoir assez d'espaces fermés pour les appels et les réunions informelles. Des cabines acoustiques de bureau ou de petites salles évitent que les visioconférences se tiennent depuis les postes. Ces principes rejoignent ceux de l'aménagement d'un open space, où le plan des zones se décide avant le choix du mobilier.

Règles de vie, casques et masquage sonore dans un open space

Les règles de vie d'un open space prolongent le traitement technique sans le remplacer. Les plus utiles sont simples : appels longs et visioconférences dans les espaces fermés, réunions dans les salles, sonneries coupées, échanges prolongés à l'écart des postes. Construites avec les équipes, elles sont mieux suivies que des consignes affichées.

Le masquage sonore, qui diffuse un bruit de fond pour couvrir les conversations, divise les spécialistes. La norme NF ISO 22955 indique dans son annexe F que son usage est controversé, et elle s'applique en dehors de tout système de masquage.

Démarche en six temps contre la gêne sonore d'un plateau

  • Évaluer la gêne ressentie par questionnaire, comme le propose l'INRS.
  • Faire mesurer la réverbération et la propagation de la parole.
  • Traiter le plafond en priorité, puis les murs et le sol.
  • Regrouper les activités par niveau sonore.
  • Créer des espaces fermés pour les appels.
  • Réévaluer quelques mois après les travaux.

Les autres solutions de traitement figurent dans la rubrique acoustique et cloisons.

Décibels, casques et mesures : ce que demandent les équipes gênées par le bruit

À partir de combien de décibels un open space est-il trop bruyant ?
Aucun seuil réglementaire de confort n'existe pour les bureaux. Les 80 dB(A) du Code du travail visent la protection de l'audition. La norme NF ISO 22955 propose des valeurs cibles de bruit ambiant de 48 à 55 dB(A) selon l'activité.
Le casque antibruit règle-t-il le problème ?
Il soulage ponctuellement une personne mais ne traite pas le plateau. Porté longtemps, il isole des collègues et masque un défaut d'aménagement. Le plafond absorbant et le zonage restent les leviers principaux.
Qui mesure l'acoustique d'un open space ?
Un acousticien ou un bureau d'études réalise les mesures selon la norme NF EN ISO 3382-3. L'INRS propose en parallèle une démarche d'évaluation de la gêne auprès des salariés. Croiser les deux évite de traiter un chiffre sans traiter le ressenti.
Des cloisonnettes entre bureaux suffisent-elles ?
Elles ne suffisent pas seules. L'INRS montre qu'une cloisonnette de 65 cm au-dessus du plan atteint l'atténuation utile quand elle s'accompagne d'un plafond de classe A. Sans plafond absorbant, la voix passe par-dessus.

Sources : INRS, ED 6402, « Environnement sonore en bureaux ouverts : évaluation de la gêne et démarche d'amélioration » (décembre 2020) ; INRS, NS 375, « Clefs de lecture de la norme NF ISO 22955 (2021) » (avril 2022) ; INRS, « Travail sur écran : prévention des risques » (juin 2025) ; INRS, ED 23, « L'aménagement des bureaux » ; Code du travail, article R4431-2.

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