Accéder au contenu
Agencement Mobilier Bureau

Régler son poste de travail sur écran avec les repères de l'INRS

Mis à jour le

Clavier et souris posés sur un tapis de bureau devant un siège réglable

Un poste de travail ergonomique se règle dans un ordre précis : le siège d'abord, puis le plan de travail, l'écran, le clavier et la souris. L'INRS place l'écran entre 50 et 70 cm des yeux, son bord supérieur à hauteur du regard ou un peu plus bas.

Ordre de réglage d'un poste de travail ergonomique

Le réglage d'un poste de travail ergonomique suit une séquence, car chaque élément dépend du précédent. Régler l'écran avant le siège oblige à tout recommencer dès que la hauteur d'assise change. La méthode ci-dessous reprend les repères publiés par l'INRS pour le travail sur écran.

  1. Régler la hauteur du siège pour avoir les pieds à plat et les cuisses à l'horizontale.
  2. Ajuster le dossier pour qu'il soutienne le creux lombaire, puis les accoudoirs.
  3. Amener le plan de travail, s'il est réglable, à hauteur des coudes ; sinon, ajouter un repose-pieds.
  4. Placer l'écran face à soi, à bonne distance et à bonne hauteur.
  5. Positionner le clavier puis la souris.
  6. Vérifier l'éclairage et l'absence de reflets sur l'écran.

Cette séquence prend quelques minutes et se refait à chaque changement de poste, ce qui compte en flex office. Le choix du siège opérationnel et de ses réglages conditionne la première étape : sans siège réglable, la suite devient vite approximative.

Hauteur du siège et du plan de travail : la posture assise de référence

La posture assise décrite par l'INRS sert de point de départ : pieds à plat sur le sol, cuisses horizontales ou hanches légèrement plus hautes que les genoux, angle des genoux droit ou un peu ouvert. Les coudes se placent entre 90° et 135°, épaules relâchées, avant-bras posés et mains dans le prolongement des avant-bras. Le dossier soutient la courbure lombaire.

Le plan de travail se cale ensuite sur cette posture. La norme NF EN 527-1 fixe les dimensions des tables de travail de bureau, et l'INRS recommande un plan réglable en hauteur. Lorsque le plan est fixe et trop haut pour une personne de petite taille, la solution consiste à remonter le siège jusqu'à la bonne hauteur de coudes, puis à compenser sous les pieds : le Code du travail prévoit la mise à disposition d'un repose-pieds sur demande.

Le plan lui-même doit offrir assez de place. L'INRS retient une profondeur minimale de 80 cm, portée à environ 110 cm au-delà de deux écrans, et une largeur minimale de 180 cm, avec 160 cm tolérés quand l'espace est contraint. Ses bords ne doivent pas présenter d'arêtes vives, et sa surface doit être mate.

Écran, clavier et souris : distances et positions recommandées

L'écran, le clavier et la souris sont les trois réglages les plus fins du poste, et l'INRS donne pour chacun des repères précis. Le Code du travail, à l'article R4542-6, exige de son côté un écran orientable et inclinable facilement, sans reflets, dont la luminance et le contraste se règlent sans difficulté.

ÉlémentRepère INRSAjustement selon la personne
Distance œil-écran50 à 70 cm, environ la longueur du brasÀ moduler selon la taille et la résolution de l'écran
Hauteur de l'écranHaut de l'écran à hauteur des yeux ou légèrement en dessousPlus bas pour les porteurs de verres progressifs
OrientationÉcran face à l'utilisateur, mat, fond clair à privilégierInclinaison pour supprimer les reflets
ClavierÀ 10 à 15 cm du bord du plan, dissocié de l'écran, épaisseur moyenne de 3 cm au plusAvant-bras posés sur le plan devant le clavier
SourisDans le prolongement de l'avant-brasCôté de la main utilisée, près du clavier

L'INRS juge le repose-poignet inutile lorsque ces recommandations sont appliquées. Un bras d'écran facilite le réglage de hauteur et de distance, surtout quand plusieurs personnes se succèdent au même poste.

Ordinateur portable et double écran au poste de travail

L'ordinateur portable pose un problème simple : son écran et son clavier sont solidaires, si bien qu'on ne peut pas régler correctement les deux à la fois. L'INRS conseille de l'utiliser au bureau avec une station d'accueil, un écran, un clavier et une souris externes. À défaut, il faut rehausser le portable pour amener le haut de l'écran à hauteur des yeux, puis ajouter un clavier et une souris déportés.

Pour plusieurs écrans, l'INRS recommande des écrans de mêmes dimensions et de mêmes réglages, placés à la même distance des yeux. Avec deux écrans utilisés autant l'un que l'autre, la jonction se place face à l'utilisateur ; si l'un sert davantage, il se place en face et l'autre sur le côté. Trois écrans s'installent en arc de cercle, ce qui réclame un plan profond. Cet encombrement est à prévoir dès l'achat du mobilier, comme dans le cas d'un bureau assis-debout à plateau réglable, où les écrans doivent suivre le mouvement.

Éclairage et implantation du poste face aux fenêtres

L'éclairage d'un poste sur écran se règle autant par l'implantation du bureau que par les luminaires. L'INRS recommande de placer l'écran perpendiculairement aux fenêtres, à plus de 1,5 m d'elles et à moins de 6 m, car au-delà de 6 m de la façade la lumière naturelle ne suffit plus. Un écran face à une fenêtre éblouit, un écran dos à la fenêtre se couvre de reflets.

Pour l'éclairement, l'INRS donne 300 à 500 lux pour un écran à fond clair et 200 à 300 lux pour un fond sombre, avec un éclairage d'appoint si l'éclairage général descend sous 200 lux. Des stores à lamelles horizontales règlent les entrées de soleil. Le guide de l'éclairage des bureaux et de la norme NF EN 12464-1 détaille les luminaires et l'éblouissement, et la page sur la surface de bureau par salarié traite la place à réserver autour de chaque poste.

Pauses et changements d'activité devant l'écran

Les pauses font partie du poste de travail ergonomique au même titre que le mobilier. L'article R4542-4 du Code du travail impose à l'employeur d'organiser l'activité pour que le travail quotidien sur écran soit périodiquement interrompu par des pauses ou des changements d'activité ; il ne fixe ni durée ni fréquence. L'INRS précise que travailler toute la journée sur un écran n'est pas recommandé et propose d'alterner avec d'autres tâches.

Son repère pratique est celui des pauses actives, idéalement toutes les demi-heures : se lever, marcher quelques pas, s'étirer, regarder au loin pour reposer la vision de près. Un téléphone pris debout, une impression récupérée à l'autre bout du plateau ou une réunion courte tenue debout suffisent souvent. L'organisation du travail compte ici plus que le mobilier : un poste parfaitement réglé n'empêche pas la fatigue si la personne n'en bouge jamais.

Repose-pieds, repose-poignet et verres progressifs : réponses sur le réglage du poste

Quand faut-il ajouter un repose-pieds ?
Le repose-pieds s'ajoute quand les pieds ne touchent plus le sol une fois le siège réglé à la hauteur du plan de travail. C'est le cas fréquent des personnes de petite taille devant un bureau fixe. Il se demande à l'employeur, qui doit le fournir selon le Code du travail.
Le repose-poignet est-il utile ?
Le repose-poignet n'apporte rien quand le clavier est bien placé et que les avant-bras reposent sur le plan, selon l'INRS. Il peut même inciter à garder les poignets cassés pendant la frappe. Mieux vaut d'abord reculer le clavier de 10 à 15 cm.
Comment régler l'écran avec des verres progressifs ?
Avec des verres progressifs, l'écran se place plus bas que pour une vision sans correction, afin de le lire par la partie basse du verre sans relever le menton. Un bras d'écran réglable rend ce réglage simple. En cas de gêne persistante, l'avis d'un ophtalmologiste ou du service de prévention et de santé au travail s'impose.

Les différentes assises et le bureau réglable sont présentés dans le guide sièges et ergonomie au travail.

Sources : INRS, « Travail sur écran : prévention des risques » (11/06/2025) ; INRS, webinaire « Travail sur écran » (16/12/2025) ; Code du travail, articles R4542-4 et R4542-6 ; AFNOR, NF EN 527-1, tables de travail et bureaux, dimensions.

↑