Pour un poste de bureau, la norme NF EN 12464-1 recommande un éclairement moyen à maintenir de 500 lux, alors que le Code du travail n'impose qu'un minimum de 120 lux dans un local de travail. Le confort visuel se joue entre ces deux valeurs, avec la lumière du jour et l'absence d'éblouissement.
Ce que le Code du travail impose pour l'éclairage des locaux de travail
L'éclairage des bureaux relève d'abord du Code du travail, qui fixe deux objectifs à l'article R4223-2 : éviter la fatigue visuelle et les affections de la vue qui en résultent, et permettre de déceler les risques perceptibles par la vue. Les valeurs chiffrées de l'article R4223-4 sont des minimums, mesurés au plan de travail ou, à défaut, au sol.
- Voies de circulation intérieures : 40 lux.
- Locaux de travail, vestiaires et sanitaires : 120 lux.
- Locaux aveugles affectés à un travail permanent : 200 lux.
Le texte ne comporte aucune ligne propre aux bureaux : un bureau est un local de travail, ou un local aveugle s'il n'a pas de fenêtre. Le même code demande que les locaux disposent autant que possible d'une lumière naturelle suffisante (article R4223-3) et prévoit, à la conception, des baies transparentes donnant sur l'extérieur à hauteur des yeux, sauf incompatibilité avec l'activité (article R4213-3). L'article R4223-8 ajoute la protection contre l'éblouissement, un rendu des couleurs adapté et des fluctuations de lumière imperceptibles, sans effet stroboscopique.
Les niveaux d'éclairement recommandés par la norme NF EN 12464-1
L'éclairement, exprimé en lux, mesure la quantité de lumière reçue par une surface. La norme NF EN 12464-1, d'application volontaire, donne pour chaque activité un éclairement moyen à maintenir, c'est-à-dire une valeur à respecter pendant toute la vie de l'installation, encrassement et vieillissement des sources compris. L'INRS en a publié un extrait pour les bureaux.
| Zone ou tâche | Éclairement moyen à maintenir | Autres repères |
|---|---|---|
| Écriture, lecture, saisie, traitement de données | 500 lux | Uniformité 0,60 ; rendu des couleurs 80 ; éblouissement limité à 19 |
| Salles de réunion, tables de conférence | 500 lux | Mêmes exigences de confort que les postes |
| Classement, reprographie | 300 lux | Activités brèves debout |
| Accueil, réception | 300 lux | Éblouissement limité à 22 |
| Archives | 200 lux | Consultation ponctuelle |
L'indice d'éblouissement (noté UGR ou RUGL) est d'autant plus exigeant qu'il est bas. Pour les postes, la norme prévoit aussi 150 lux sur les murs et 100 lux au plafond, afin d'éviter l'effet de tunnel d'une pièce sombre autour d'un plan éclairé. L'espace d'accueil, moins exigeant, se traite avec le reste du mobilier lors du choix de la banque d'accueil.
Placer les postes par rapport aux fenêtres pour profiter de la lumière du jour
La lumière du jour est la meilleure source d'un bureau, à condition de bien orienter les écrans. L'INRS conseille de placer l'écran perpendiculairement aux fenêtres, à plus de 1,5 m de celles-ci et à moins de 6 m. Au-delà de 6 m de la façade, l'éclairage naturel n'est plus assuré : les postes trop profonds dans le plateau dépendent alors entièrement de la lumière artificielle.
Un écran face à la fenêtre éblouit son utilisateur, un écran dos à la fenêtre renvoie des reflets. Les stores ou pare-soleil à lamelles horizontales règlent l'entrée de la lumière sans plonger le bureau dans l'obscurité.
La vue sur l'extérieur compte aussi. L'INRS retient une allège de 110 cm au maximum et déconseille, entre les postes et la façade, tout obstacle de plus de 1,10 m, armoires hautes comprises. Les rangements bas trouvent leur place près des fenêtres, les hauts au centre du plateau ou contre les murs aveugles. Ces repères complètent le réglage d'un poste de travail ergonomique, notamment la hauteur de l'écran.
Luminaires, éclairage d'appoint et lampes de poste
Un éclairage de bureau bien conçu associe un éclairage général et un éclairage individuel. L'ancienne fiche ED 23 de l'INRS retenait un éclairage général de l'ordre de 300 lux, complété au poste, avec un rendu des couleurs supérieur à 80. Pour le travail sur écran, l'INRS donne 300 à 500 lux avec un écran à fond clair et 200 à 300 lux avec un fond sombre.
La lampe de poste devient nécessaire lorsque l'éclairage fixe descend sous 200 lux au plan de travail, et utile pour lire des documents papier ou pour les tâches minutieuses. Orientable, elle éclaire le document sans viser l'écran.
Pour les luminaires du plafond, l'INRS recommande de les placer hors d'un angle de 30° au-dessus de l'axe de vision, afin qu'aucune source nue n'entre dans le champ visuel, et d'éviter les LED qui scintillent. La température de couleur, exprimée en kelvins, se choisit avec le niveau d'éclairement : 2 700 à 3 500 K pour 300 lux, 3 000 à 5 000 K pour 500 lux, et 3 000 à 4 000 K pour le travail sur écran.
Éblouissement et reflets : les erreurs d'éclairage les plus fréquentes
L'éblouissement vient d'une source trop lumineuse dans le champ de vision ou d'un écart trop fort entre zones claires et sombres. Les surfaces y contribuent autant que les lampes : l'INRS conseille des couleurs claires, mates ou satinées, avec des facteurs de réflexion de 0,6 à 0,9 pour le plafond, 0,3 à 0,8 pour les murs et 0,1 à 0,5 pour le sol.
- Plans de travail brillants ou vernis, qui renvoient la lumière vers les yeux.
- Luminaires nus ou mal positionnés au-dessus des écrans.
- Fenêtres sans protection solaire réglable.
- Postes alignés face aux vitrages pour gagner de la place.
- Zones éloignées des façades laissées au même éclairage que les postes proches des fenêtres.
Mesurer l'éclairage existant avant de déplacer les postes
Un réaménagement modifie souvent l'éclairage sans que personne s'en aperçoive : des postes déplacés se retrouvent entre deux luminaires, des armoires bloquent une fenêtre. Un relevé au luxmètre sur les plans de travail, de jour puis en fin de journée, donne un état initial objectif. Il se refait après les travaux, puis périodiquement, puisque la valeur à maintenir intègre le vieillissement.
Le ressenti des occupants complète la mesure : reflets, maux de tête attribués à la lumière, stores toujours baissés. La lumière fait partie des facteurs de confort décrits dans le guide sur l'aménagement de bureau et le bien-être au travail, avec la température et le bruit. Les autres sujets de conception sont réunis dans la rubrique aménagement des bureaux.
Lux, lampes et fenêtres : réponses sur l'éclairage d'un poste de bureau
- Combien de lux faut-il dans un bureau ?
- La norme NF EN 12464-1 recommande 500 lux en moyenne à maintenir pour l'écriture, la lecture et le travail sur ordinateur. Le Code du travail ne fixe qu'un minimum de 120 lux pour un local de travail, porté à 200 lux pour un local aveugle occupé en permanence. La norme, volontaire, sert de référence de confort.
- Une lampe de bureau est-elle obligatoire ?
- Aucun texte n'impose de lampe individuelle. L'INRS conseille un éclairage d'appoint lorsque l'éclairage fixe donne moins de 200 lux au poste. La lampe reste utile pour la lecture sur papier et pour les personnes qui ont besoin de plus de lumière.
- Quelle température de couleur choisir pour des bureaux ?
- L'INRS indique 3 000 à 4 000 K pour le travail sur écran. Une lumière plus chaude convient aux niveaux d'éclairement modérés, une lumière plus froide aux niveaux élevés.
- Un bureau sans fenêtre est-il permis ?
- Le Code du travail prévoit des baies donnant sur l'extérieur sauf si l'activité ne le permet pas. Un local aveugle affecté à un travail permanent doit recevoir au moins 200 lux. Pour un poste occupé toute la journée, la lumière du jour reste la solution à rechercher.
Sources : Code du travail, articles R4223-2, R4223-3, R4223-4, R4223-8 et R4213-3 ; INRS, Hygiène & sécurité du travail n° 281, dossier éclairage, extrait de la norme NF EN 12464-1 (décembre 2025) ; INRS, « Travail sur écran : prévention des risques » (juin 2025) ; INRS, ED 23, « L'aménagement des bureaux. Principales données ergonomiques ».
